Les Vétos                                    Je mets mon veto ! 

07/01/2020



Une distribution discutable

Mes excuses d'avance pour la critique cinglante qui va suivre. Il est bien difficile de parler librement de l'oeuvre d'autrui et cela même en étant issue d'une formation cinéma. Si j'étais distributeur, j'aurais mis mon veto. Un non catégorique, sans appel. Impossible de penser à distribuer ce film qui manque profondément de structure. À l'instar d'un château de cartes, il tient sur un fil et puis s'écroule. Les plans sont décousus, le montage manque de fluidité, la réalisation est loin d'être spectaculaire et le récit est bien trop lent pour un message à la finalité simpliste voire inintéressante. C'est en réalité un téléfilm qu'on a accepté de distribuer sur un grand écran. Un peu de respect pour le 7ème art, de grâce. 

Points positifs

Toutefois, il faut saluer la performance des quatre acteurs principaux qui tiennent ce film en vie tant qu'ils le peuvent. Un effort de documentation a été réalisé mais rien de très passionnant.

Structure quasi inexistante

Qui est le ou la directrice de casting ? J'ose espérer qu'il ou elle s'est rendu(e) compte de la qualité médiocre de ses choix. 

Des choix qui nous mettent face à des scènes gênantes tant cela ne matche pas cinématographiquement parlant. Appelons un chat un chat, certains acteurs ne sont pas bons ou n'ont pas été dirigés convenablement. Peu importe me direz-vous car la finalité est la même. Pardon, mais c'est bien le pire film de l'année. Cela manque cruellement de crédibilité. La scène de fin est surjouée au possible. La scripte, l'assistant réa ainsi que le reste de l'équipe aurait sans doute besoin d'un partenariat avec Afflelou.

Et si il n'y avait que ça. Le montage n'est pas bon du tout, la musique est telle une dissertation hors sujet, les plans sont lourds et lents, le scénario est vide, en somme c'est sophorifique à souhait. Une immense déception. Par respect pour Clovis Cornillac, on reste jusqu'à la fin. 

Un film d'étudiant

Ce long métrage ressemble à un film d'étudiant de l'Eicar qui aurait eu la chance d'obtenir de grands acteurs qui croyaient en son projet. Une réflexion qui me vient en écrivant : y'avait-il réellement un plan de travail ? y'avait-il un énorme problème de budget ? A-t-on choisit la musique au hasard ? Qui est le ou la directrice de production ?

On ne fait pas du cinéma pour faire du cinéma et ce film nous donne exactement ce sentiment. Celui d'un film qu'il fallait faire. Il n'y a ni histoire, ni âme, ni émotions palpables. C'est plat, c'est mièvre. La bande annonce est trompeuse, elle comprend les seuls moments qui se laissent regarder, soit 1 minute 57'.


" Chaque erreur est un essai "

Une très jolie parole qui m'avait interpelée et qui est tirée de la chanson Sur la lune de Bigflo et Oli. C'est si juste, n'est-ce pas ? Chaque erreur est effectivement un essai. Espérons que le deuxième long métrage de Julie Manoukian nous donne une leçon de cinéma.

Déborah Astoria