Pensée d'un soir de juin

30/11/2019

20h49, Clinique du Trocadéro, un soir de pluie estivale. 

" Rêver c'est le bonheur ; attendre c'est la vie"  

Victor Hugo

C'est en sortant de la clinique que je verrais cette citation peinte sur le mur du hall d'entrée. Rien n'avait plus de sens que de lire cela à cet instant précis.


J'aime particulièrement la pluie en été.

Tantôt violente mais tendre à la fois, légère et romantique elle est capable de nous provoquer ce sentiment aérien qui vaut tout l'or du monde. De nombreuses fois, je me suis imaginée virevolter et danser avec elle. Le cliché woody allenien dans toute sa splendeur.

Ce moment est important pour moi car je m'apprête à  subir une chirurgie réparatrice des oreilles. En effet,  mes lobes s'étaient fendus des années auparavant à cause du port de boucles d'oreilles trop lourdes. Ne méprenez pas les détails que je vous donne, j'estime qu'ils pourraient en informer et en prévenir plus d'un.

L' opération prévue vers 15h30 se déroula à 19h. Autrement dit, le pire scénario pour ma petite personne anxieuse, angoissée et ayant une peur maladive des médecins.

Au milieu de tout ce chaos et de cette attente interminable qui ne faisait qu'accroître mon pourcentage de stress, il était là. J'ai pris connaissance de l'expression française " tu peux compter sur moi". C'est bête me direz-vous, il paraît normal voire logique de pouvoir compter sur quelqu'un. Je vous assure que non. 

Plus je vis, plus j'observe les gens, plus je les écoute parler dans les transports en commun, dans les restaurants ou encore à leur travail et plus je constate l'affreuse maladie de notre époque : l'égoïsme.

C'était drôle et paradoxalement plaisant cette façon de ressentir une présence. Sentir quelqu'un qui n'est physiquement pas à côté de vous. 

Je n'avais pas compris pourquoi il avait besoin de passer par son ami pour me rassurer, mais cela avait fonctionné à merveille.

Une journée intense en émotions : palpables alors que platoniques. J'aimerais pouvoir décrire ce sentiment de plénitude intérieure mais je n'ai pas la prétention d'y parvenir. 

Comprenez bien une chose : si une personne vous donne un jour l'impression d'être allongée sur un nuage, vous comprendrez alors le sens de mes mots.

Mais, il y a toujours un fameux mais. Une avalanche de choses incontrôlables et inexplicables nous tomba dessus. 

Il avait senti qu'il pouvait me perdre. Sans le vouloir, je venais de le confronter au sentiment pénible de supporter l'attente d'une opération.

Et alors qu'il avait flirté dangereusement avec la peur, je venais à mon tour de le perdre pour de bon. Comme si elle lui avait délicatement murmuré à l'oreille " Stop.Tu es bien trop attaché. Cours, pars très loin et ne reviens jamais".

Les mois passèrent et j'apprenais qu'une pensée ne se perd jamais. 

La pensée n'est qu'un voyage pour l'éternité.