PLAY, le film ... n'appuyez pas sur STOP

02/01/2020


Inspiration infinie


La plupart du temps, je me rends dans une salle de cinéma sans choisir le film au préalable. L’instinct est mon seul guide. J'aime les coups de foudre. Cinématographiques j'entends.

Il y a une semaine, j'emmenais mon fils voir les Incognitos. Avant d'entrer dans la salle,j'ai souhaité le prendre en photo. Il prit la pose devant l'affiche (grandeur nature) de Play. Mémoire photographique oblige, mon cerveau fit alors une photo et colla un post-it  "à voir". Constatez l'importance du marketing et l'effet d'une communication réussie.

Premier film de 2020 et c'est un immense coup de coeur. L'inspiration fuse dans tous les sens dès la sortie. Un mélange d'émotions parcourt mon corps. C'est plaisant. À la fois nostalgique, heureuse, pensive et bouleversée, permettez-moi de coucher mon ressenti sur le papier.


Vintage is timeless

(Le vintage est intemporel)

La tâche la plus est difficile quand on a l'ambition de faire un film est de captiver l'attention des spectateurs dès les premières secondes. À l’instar d’un casting de chant où le jury s'attend à entendre presque instantanément, une voix unique. 

Le cinéma a lui aussi cette même attente  : la lumière s'éteint dans la salle, nous laissant seuls face à cet immense écran qui est bien souvent, le miroir de notre vie. Miroir uniquement disponible en ce lieu. Inconsciemment, nous sommes demandeurs. Nous voulons être saisis puis emportés par un vent artistique. À ce propos, remarquez que nous nous plaignons souvent du vent. Pourtant, il me semble qu'en réalité, nous l'adorons. Il vient nous câliner et nous, nous sommes friands de ses câlins. Play nous fait un gros câlin. Un câlin si agréable que l'on aura beaucoup de mal à s'en défaire.


PLAY 

Que je les aime, ces quelques secondes où la salle est plongée dans le noir pour laisser place à l'oeuvre. Je ne sais pas vous mais je ressens toujours cette adrénaline presque physique tant elle environne l'air. Un peu comme si j'étais un des membres du jury dans the Voice et que j'entendais les pas de l'artiste foulant le sol. Une respiration et c'est parti. PLAY.

Retour immédiat vers le passé, le mode boîte à souvenirs du cerveau s'enclenche. Coucou les vieilles cassettes, le téléviseur, les meubles en bois, les cuisines de l'époque, la handycam, les salles de classe avec les ordinateurs imposants. Quelles images. Un régal pour nos yeux. La nostalgie de nos jours heureux nous gagne assez rapidement. 

Vous savez, ce temps de l'insouciance. Que c'est bon la jeunesse, l'adolescence, les prises de risques, la légèreté, l'imperméabilité face aux problèmes du quotidien. Les actions ou vérités, les fous rires et les soirées en boîte (ratées) qui se terminent au McDonald's de la Porte des Lilas.

Une parenthèse d' 1h48 qui fait un bien fou au moral avec une première partie entièrement consacrée à la jeunesse. Un air du film La Boum avec cette bande de copains qui se construit au fil du récit. Le passage de l'adolescence à la majorité avec pour finalité la maturité.


"J'ai toujours été nostalgique au présent"

J'aime cet oxymore comme j'aime le café latte du Starbucks chaque matin. Vous verrez à quel point cette phrase prendra tout son sens en regardant le film.

Oui, PLAY est nostalgique. Nostalgique en bien. La bonne nostalgie. Celle qui cotôie la vie des artistes du début à la fin. La nostalgie n'a rien de péjoratif, il me semble même qu'elle est créatrice. Elle nous suit tout le long de la vie et ajoute sa sucrette à chaque fois que cela est nécessaire. Elle est un moteur qui nous permet d'avancer. Souvent, elle ressort un souvenir de sa boite afin que nous puissions en tirer un enseignement.


Les Références


Il y a en tellement, c'est à la limite de l'indécence. D' Hélène et les garçons à Columbo en passant par la Coupe du monde 1998, nous sommes face à des moments qui ont marqué notre vie.  Play est certes un film générationnel mais avec une succulente cerise d'intemporalité. Faites-moi confiance et emmenez vos parents, vos grands parents ou qui vous aurez à portée de main car tout le monde s'y retrouvera. Play laisse place à l’identification. 

Là où la magie opère, c'est que j'ai pu me voir. Je veux dire par là que j'ai eu la sensation de sortir de mon corps un instant, et de m'observer là, assise dans la salle, avec des yeux de petite fille émerveillée qu'on aurait emmenée à Disneyland Paris. Une joie oubliée remontait  à la surface avec des sensations de déjà vu qui donnèrent lieu à des papillons dans le ventre. Plus vous lisez, plus je me doute que vous avez envie d'appuyer sur Play. C'est une expérience à vivre, vous verrez. Meilleure que les dragibus noirs, que le latte soja à 90 ° du Starbucks, que le pain chaud de 18h et que Rock'n' Roller Coaster. Bref, meilleur que tout. La vie, la vraie, la belle époque.

Chaque référence parle et enchante tout un chacun : des souvenirs de l’enfance, de l’adolescence ou encore d’un récent passé. J'étais nostalgique au présent. Nostalgique qu'on appuie sur stop et que tout s'arrête. À ce propos, j'ai regardé l'heure six ou sept fois. Inconsciemment. J'aurais voulu être Mary Poppins ,entrer dans l'écran et y rester. Pour être tout à fait transparente, j’ai même pensé le voir une seconde fois. Je veux dire que j'ai pensé à rester assise et à ne pas sortir de la salle. Impossible de me lever, il m'a fallu sept minutes environ avant de mettre mes pieds par terre. En même rien d'étonnant, entendre Ironic d'Alanis Morisette en clou du spectacle c'en était trop. Les vrais comprendront.

 

Les parents mis à l'honneur

On ne les choisit pas mais on en a grandement besoin. Notamment lorsqu'on devient parents. Qui nous aiderait avec nos enfants si ce n'était pas eux ? Qui leur donnerait en cachette du coca et des bonbons le matin ? Qui aurait plus de sagesse et de patience que nous avec eux ?


D'amour ou d'amitié

J'ose espérer que nous l'avons tous connu. Vous savez, cette personne qu'on aime d'amour ou d'amitié depuis longtemps. Cette relation platonique qui nous anime justement de par ce fait. Une douce période de notre vie. L'amour, le vrai, celui qui existe. L'amour vivant, qui vous tire du lit chaque matin et qui vous pousse vers des ambitions inexplorées. L'amour du mimétisme naissant, où l'on reproduit les gestes de la personne qu'on admire. L'amour qu'on effleure par peur de le consommer. 

Ce film met en lumière une chose fondamentale : tout ce qui doit arriver arrive et cela malgré les efforts qu'on fournirait pour y échapper. À l'inverse, ce qui ne doit pas arriver, n'arrive pas. Permettez-moi de citer des mots chers à mon esprit :  " ce qui t'est destiné trouvera le moyen de te rejoindre". Hester Browne.


Le romantisme selon Max Boublil

On retrouve notre cher Thomas (celui qu'on a connu dans le film les Gamins) qui, une fois qu'il a accepté l'évidence, gravira la montagne jusqu'à son sommet. Le médicament dont raffole les femmes fâchées avec l'amour. Parce qu'un jour quelqu'un vous serre dans les bras et recolle tous les morceaux n'est-ce pas?


 PLAY (list)

Très fière de mon sous-titre (si facile à trouver). Trêve de plaisanterie, les musiques sont exceptionnellement bien choisies et nous touche en plein coeur. Tel un jeu de fléchettes musical. Assis dans la salle on s'entend dire :  sérieusement ? mais j'adorais cette chanson !  Attention Spotify, Itunes et Shazam vont gagner des sous à la sortie. Un partenariat est à négocier de toute urgence. 

Vous avez osé oublier d'amour et d'amitié de Céline Dion mais je vous pardonne pour cette fois. 

Ps : en entendant Ironic, je me mise à penser que ma vie avait inspirée ce film. Vous aussi, allez voir le film de votre vie.

Merci à vous.


  Déborah Astoria


Si vous avez oublié de shazamer les morceaux pendant le film, voici les intemporels qu'il faut avoir dans sa bibliothèque musicale ...

Ce fameux clip ...


Les Références 

1998, l'époque où l’on vivait notre meilleure vie ...